Vendredi, le prix moyen de l'essence au Québec était de 1,31$ le litre et selon certains économistes, il pourrait dépasser 1,50$ d'ici l'été.
Le prix de l'essence pourrait atteindre des niveaux proches des records atteints en 2008, avec les conséquences que l'on sait sur l'économie. Le Fonds monétaire
international (FMI) a, d'ailleurs, évoqué vendredi les risques que la hausse des prix du pétrole fait peser sur la relance de l'économie dans les pays industrialisés.
En trois semaines, le prix du baril de pétrole est passé de 97$ à 109,77$ (à la fermeture, vendredi). Si les cours du pétrole poursuivent leur ascension, les prix à
la pompe suivront le même chemin.
C'est le point de vue de Stéfane Marion, économiste en chef à la Banque Nationale. «Je pense qu'on retourne au sommet de tous les temps, on retourne à l'équivalent
de 4 $ le gallon aux États-Unis. Évidemment, ça va se répercuter aussi au Canada. Donc, il faut s'attendre que le prix à la pompe au Québec soit plus élevé cet été.»
M. Marion estime que la hausse récente du prix de l'essence a coûté 30 milliards $ aux familles américaines. Cela nuit aussi aux profits des entreprises qui tentent
de conserver les emplois créés au cours des derniers mois.
Selon les économistes, divers facteurs d'ordre géopolitique et économique pourraient provoquer cette envolée, comme les tensions entre les Occidentaux et l'Iran
autour des ambitions nucléaires de la République islamique ou encore, l'accroissement de la demande des pays émergents.
C'est surtout l'évolution de la situation en Iran qui préoccupe les économistes. Le pays menace en effet d'empêcher le transport du brut par le détroit d'Ormuz, une
voie cruciale pour l'acheminement du pétrole.
Les États-Unis et l'Union européenne, qui se préparent à prendre de nouvelles sanctions contre l'Iran, ont d'ailleurs commencé à réduire leurs achats de pétrole
iranien.
Le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a même déclaré que Washington examinait l'opportunité de puiser dans ses réserves stratégiques afin de compenser
la baisse de l'approvisionnement en pétrole provenant d'Iran.
Ouvrir les réserves stratégiques de pétrole ne permettra pas de faire baisser les cours a pour sa part estimé le secrétaire général de l'OCDE, réagissant aux propos
de Timothy Geithner.
Agence QMI