La police est-elle au service du politique ou de la sécurité des citoyens... Le président du Festival Juste pour rire, Gilbert Rozon, prend-t-il les bons moyens
pour amadouer les étudiants... Les étudiants ont-ils encore le pouvoir de régler la crise...
Des enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) ont interrogé Gabriel Nadeau-Dubois, le 27 avril à la suite d’une demande du ministre de la Sécurité publique, Robert
Dutil. L’escouade Guet des activités des mouvements marginaux et anarchistes (GAMMA) du Service de police de la Ville Montréal s’intéresse également aux étudiants.
Et à tous les soirs, des centaines de policiers surveillent les vitrines des banques du centre-ville et durant ce temps plusieurs manifs de casseroles dans les
quartiers se déroulent sans encadrement policier pour assurer la sécurité des familles participantes. Dimanche soir, une manif dans Rosemont s’est rendu devant le poste de police, situé au milieu
de nul part, pour faire face à l’indifférence totale. À croire que la police est davantage au service du politique et de l’économique que des citoyens.
Le Grand Prix de la Formule 1 est un symbole de l’establishment économique mondial pour le mouvement étudiant, ce qui en fait une cible de choix. Mais les autres
festivals montréalais n’ont pas la même signification. Au lieu d’avoir une attitude paternaliste, voire méprisante selon certains, et de s’attirer la désapprobation des étudiants, Gilbert Rozon
aurait intérêt à virer la situation à son avantage en proposant d’intégrer des manifs festives de casseroles à son festival. Les étudiants n’ont rien contre les humoristes. Comme eux, la plupart
tire le diable par la queue.
Les dirigeants des Francofolies et du Festival de jazz, plus silencieux, semblent avoir mieux compris la dynamique. Il faut dire qu’un grand nombre de participants
à ces festivals portent le carré rouge et que la contestation populaire pourrait bien s’intégrer à plusieurs spectacles.
La dernière ronde de négociation s’est terminée en queue de poisson pour une question de calcul et d’image politique. L’idéologie a pris le dessus sur le réalisme.
Samedi, sur la banderole de la CLASSE on pouvait lire: «Ceci n’est pas une grève étudiante: c’est une société qui s’éveille.» Plus la crise s’enlise et moins les leaders étudiants et les membres
qu’ils représentent auront le pouvoir d’y mettre fin.
Que d’incompréhension et de mauvaise gestion en cascade…
Le Globe / Kébecleak