Comme chaque 22 du mois depuis mars, une grande manifestation s’est tenue vendredi dans les rues de la métropole pour protester contre la hausse des droits
de scolarité et l'adoption de la loi 78 par le gouvernement Charest.
Quatre mois jour pour jour après la manifestation du 22 mars, où plus de 200 000 personnes avaient pris part à l’évènement, ils étaient environ 12 000 à avoir
répondu à l’appel de la Coalition large pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).
Le coup d’envoi a été donné à 15 h à la Place du Canada, à l’intersection de la rue Peel et du boulevard René-Lévesque.
Fidèle son habitude, la CLASSE a préféré ne pas donner son itinéraire aux policiers de la Ville de Montréal.
«Pour nous, le fait de ne pas donner notre itinéraire est notre manière de contester la loi 78», a indiqué Jeanne Reynold, porte-parole de la CLASSE.
Manifestation pacifique et festive
L’ambiance était festive parmi la foule qui réunissait autant des citoyens jeunes que des moins jeunes.
Certains des marcheurs avaient même traîné leurs casseroles pour l’occasion, un symbole important de cette lutte contre la hausse des frais de scolarité depuis
quelques semaines.
La chaleur était accablante alors que la température ressentie à Montréal atteignait 35 degrés Celsius.
La chaleur a fini par avoir raison des quelques milliers de manifestants qui ont pris une pause dans le parc Jeanne-Mance, à l’intersection des avenues du Parc et
Mont-Royal, vers 16 h 30.
Selon Laurent Gingras, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal, «aucune arrestation n’a été effectuée par les policiers. Tout s’est déroulé dans
l’ordre».
Deuxième manifestation
Alors qu’on croyait que la manifestation était terminée, quelques centaines de manifestants ont créé un deuxième rassemblement en se dirigeant vers l’avenue
Mont-Royal Est.
Plusieurs altercations entre les marcheurs et automobilistes ont été observées.
Puisque des méfaits ont été commis de la part des manifestants, la manifestation a été déclarée illégale vers 17 h 20.
Deux avis de dispersion ont été donnés aux manifestants.
La deuxième manifestation s’est finalement terminée à 18 h au carré St-Louis sur la rue St-Denis.
Foule moins nombreuse
La foule présente pour la manifestation de vendredi s’est montrée beaucoup moins nombreuse que les précédentes manifestations des derniers 22 de chaque mois, qui
avaient dans certains cas réuni plus d’une centaine de milliers de manifestants.
Il faut dire qu’une autre manifestation nationale avait lieu simultanément à Québec, où quelques centaines de personnes étaient présentes sur la colline
parlementaire.
Même si le nombre de manifestants était moins important que les rassemblements précédents, les chefs des trois grandes associations étudiantes (FECQ, FEUQ, CLASSE)
ont refusé d’admettre que le mouvement étudiant s’essoufflait.
«Malgré la période estivale, la mobilisation contre la lutte des frais de scolarité va continuer. On va aller rencontrer les citoyens et on va continuer à augmenter
le soutien envers notre cause», a indiqué Martine Desjardins, présidente de la FEUQ, en conférence de presse avant le début de la manifestation.
De son côté, la nouvelle porte-parole de la FECQ, Éliane Laberge, a rappelé qu’il n’est jamais trop tard pour le gouvernement pour régler le conflit.
«Un conflit comme ça ne peut pas se transporter aux élections. La balle est dans le camp du gouvernement. Ils ont refusé notre dernière offre de médiation.»
Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE, a même pris du temps de ses vacances pour se joindre à la manifestation dans la Vieille capitale.
«Ces manifestations citoyennes sont devenues une tradition dans la lutte contre les frais de scolarité», a-t-il indiqué.

Agence QMI / Kébecleak