L'essence a fait un bond de huit cents en quelques heures hier soir à Montréal, se vendant près de 1,48$ le litre, au grand désespoir des automobilistes.
Plusieurs ont choisi de ne pas faire le plein ce matin, ou du moins, pas complètement. «Si le prix est bas, je vais le remplir, s'il est élevé, je vais mettre 10$
ou 20$, pas plus», affirme un automobiliste dans une station d'essence.
Mais est-ce là la seule façon de résoudre le problème? il faut «se prendre en main et vraiment faire des efforts supplémentaires pour diminuer notre consommation
d'essence».
C'est la solution qu'ont adoptée plusieurs pays d'Europe, et pour cause. À certains endroits, les automobilistes doivent débourser près de 2,70$ le litre, plus que
le double de ce qu'il en coûte aux Montréalais aujourd'hui.
«Du côté européen, les voitures à moteur à essence traditionnelles, comme on les connaît ici, il n'y en a pratiquement pas. Ce sont toutes des voitures à moteur
diesel. On travaille très fort sur les motorisations électriques et les moteurs hybrides», Au Québec, c'est tout le contraire. À la suite de la crise financière de 2008, les consommateurs
québécois ont vite repris leurs habitudes et les ventes des véhicules utilitaires sport et des voitures de luxe ont augmenté.
De plus, les ventes des «très petites voitures sont en décroissance actuellement».
Le baril de pétrole brut se transige à 105$ à la bourse de New York et à 126$ à celle de Londres, ce qui est bien loin des sommets atteint en juin 2008.
Alors pourquoi le prix de l'essence à la pompe augmente-t-il? À cause du principe économique de l'offre et de la demande, selon lequel plus la demande augmente,
plus l'offre diminue et donc, fait hausser le prix.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les sanctions en Iran causent une inquiétude chez certains consommateurs «qui anticipent un conflit en Iran» et font
des réserves d'essence, ce qui fait augmenter la demande.
Autre cause : les pays émergents comme la Chine et l'Inde consomment de plus en plus d'essence ce qui diminue l'offre partout à travers le monde.
C'est aussi à cause de la loi de l'offre et de la demande que les stations-services haussent le prix de l'essence l'été ou pendant les congés fériés.
Difficile donc de dire combien il en coûtera aux automobilistes montréalais pour faire le plein dans les prochaines semaines.
TVA / Kébecleak