Le syndicat des chauffeurs d'autobus de la Société de transport de Montréal (STM) appelle ses membres à désobéir à la loi 78, une suggestion qui provoque le
courroux du Service de police de Montréal (SPVM).
«Cette loi est une atteinte à nos droits fondamentaux et elle n’affecte pas seulement les étudiants. Dans le passé, nous nous sommes rassemblés pour dénoncer les
P.P.P.. Ces manifestations auraient été déclarées illégales sous cette loi», a expliqué Denis Vaillancourt, président de l’exécutif du syndicat des chauffeurs de la STM, le SCFP 1983.
De plus, celui-ci incite ses membres à ne plus se porter volontaires pour faire des heures supplémentaires lors des manifestations, de façon à ne pas transporter
les policiers qui sont affectés à ces évènements.
«Stupides et irresponsables»
«Ces propos sont stupides et irresponsables», a tranché Yves Francoeur, président de la Fraternité du SPVM, ajoutant «qu’ils pourraient engendrer des poursuites en
vertu du Code criminel».
En effet, M. Francoeur affirme que les chauffeurs qui refuseraient de transporter les agents du SPVM pourraient être accusés d’entrave au travail des
policiers.
Il a également déploré que les dirigeants du SCFP 1983 se basent sur des vidéos prises «hors contexte qui induisent les gens en erreur» pour justifier leurs
décisions.
En effet, sur le site internet du syndicat des chauffeurs de la STM, des vidéos dépeignant des agents du SPVM poivrant et matraquant des manifestants ont été mises
en ligne à la suite des textes appelant à la désobéissance civile.
Une question de sécurité
M. Vaillancourt a répliqué qu’il n’a que le bien-être de ses membres à l’esprit lorsqu’il leur demande de ne pas se porter volontaire pour transporter les
policiers.
«C’est une question de santé et de sécurité. Des briques ont été lancées dans les parebrises arrière d’autobus empruntés par le SPVM. Je ne vais pas attendre qu’un
de mes membres soit blessé pour leur donner cette mise en garde», a-t-il souligné.
De plus, le président du SCFP 1983 a soutenu que ses membres ne posent pas d'entrave au travail des policiers et qu’il n’y a pas lieu de parler de poursuite
criminelle.
«Le SPVM peut toujours réquisitionner un autobus de la STM en tout temps et aucun chauffeur ne lui fera opposition. Aussi, le service de police possède de larges
véhicules qu’il peut utiliser lors de ses interventions», a-t-il rappelé.
Agence QMI / Kébecleak