Depuis l'adoption de la loi 78 au Québec, le collectif d'activistes informatiques Anonymous s'est fait remarqué en bloquant près de 13 sites internet
gouvernementaux, dont celui du Parti libéral du Québec (PLQ).
Mardi après-midi, les informaticiens du ministère de la Sécurité publique étaient à pied d'œuvre afin de colmater les brèches.
Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, ne prend pas à la légère les menaces du collectif mais précise qu'aucune donnée n'a été téléchargée. «Il n'y a
pas eu d'infiltration, c'est parti d'un site IP évidemment anonyme» a expliqué le ministre en point de presse, mardi.
Pour limiter les cyber attaques, le ministère de l'Éducation a pour sa part décidé de fermer son site le soir et les fins de semaines.
Depuis la création du collectif Anonymous, ses membres agissent partout au monde en dénonçant ce qu'ils considèrent être des atteintes à la liberté
d'expression.
En janvier 2012, les membres d'Anonymous ont forcé la fermeture des serveurs du Federal Bureau of Investigation (FBI), du ministère américain de la Justice et de la
présidence de la République française pour dénoncer la fermeture du site MegaUpload.
Du terrorisme?
La spécialiste en terrorisme au Collège militaire royal de Saint-Jean, Janine Kreiber, juge que les méthodes d'Anonymous s'apparentent à celles du terrorisme. «Ça
ne fait pas de victime, mais ça fait du dommage aux institutions. Ça leur fait perdre du temps, de la productivité et ça leur fait perdre de la sécurité», explique-t-elle.
Pour cette spécialiste, l'informatique demeure le maillon faible des états, surtout lors d'échanges d'information : «Ils ont des techniques pour se dissimuler,
dissimuler où ils sont sur la planète et dissimuler de quels ordinateurs ils travaillent.»
Anonymous demeure un collectif difficile à contrer.
François Bonnardel de la Coalition avenir Québec (CAQ), demande l'intervention du Fédéral : «On se doit, s'il le faut, de demander l'aide des services fédéraux pour
être capables de trouver les coupables.»
Par le passé, les membres d'Anonymous n'ont jamais cessé leur raid informatique sans avoir obtenu gain de cause.
TVA / Kébecleak